Anja Ripoll (1995, Genève) vit et travaille à Genève. Elle a étudié au CFP Arts en section céramique. Elle a exposé son travail dans plusieurs lieux en Suisse notamment, à la Fonderie Kugler, Motel Campo, Art au centre, au Centre d’art contemporain dans le cadre d’une collaboration avec la marque de fashion design Agapornis et àDuplex pour un duoShow avec Tristan Cubero. Mais aussi, à Milan pour la galerie Candy Snake et à Londres pour la galerie Metamorphika où elle est maintenant représentée.
Anja a été titulaire d’une bourse pour une résidence à la Fondation Bruckner en 2022, la même année elle intègre l’atelier de l’artiste Londonienne Irina Razumovskaya pour y résider deux mois. Anja remporte un prix au Young European Ceramic Competition qu’il lui à valu d’être exposée à Saint-Quentin-La-Poterie en France en 2023.
MANIFESTO
Céramiste de formation, Anja Ripoll réinvente constamment son approche dudit médium et de la terre par souci culturel, par curiosité et avant tout comme un outil pratique.
Voyons le corpus d’œuvres et de mandats pour comprendre de quel travail et de quelle problématique il s’agit ici de parler. Ce sont des créatures fantastiques, golems-totems, fusions de formes antiques, contemporaines et “aliens”, vestiges érigés en coupe, vase, réceptacle.
Un soleil parasité, un cerbère, un château. En tant que jeune artiste contemporaine genevoise, à la croisée de l’Europe et du monde capitaliste, sa sensibilité nostalgique et la spéculation formelle qui en découle vont de soi.
Il s’agit d’exprimer et faire sens singulier, digérer l’idée d’anthropocène telle qu’elle nous apparaît de plus en plus, uncanned, ingurgitée, vomie et redirigée, uncanny, étrange. Comme l’idée de beau et de mort, l’infini vide et l’objet façonné sont ici tout en tension fascinée. Une ère en soi et en cela un paradigme échappant à notre sens commun, culturel et linéaire, fil rouge de l’Histoire.
À l’heure où le monde matériel se voudrait exponentiel régi par le Léviathan appelée croissance, enchaîné par des géants qui s’effacent, opaques dans leur immensité institutionnelle, olympique; que fera-t-on des porcelaines quand on aura enfin rencontré l’éléphant dans la pièce ? Quelle apparence et quelle vie donner aux chimères, aux titans et autres habitants du musée en cas d’urgence ?